Quel étrange métier que celui de la création. Qu’est-ce qui nous pousse au début à agir dans un domaine que l’on ne connaît pas, ni ne comprends.

On suppute, on pressent, il nous faut avancer à tâtons, même s’il on croit savoir.

Parfois c’est le cul de sac, parfois c’est merveilleux, on a une parcelle d’atome à notre quête de l’infini et en plus on ne sait même pas quoi en faire sur le moment. Car il faut une autre parcelle, puis une autre, et encore une autre….Jusqu’à réaliser un mot, puis temps après temps une phrase et temps après temps si la vie le permet, une histoire. Là encore c’est une histoire de privilège, car malheureusement nous ne sommes pas égaux, même si nous avons les mêmes outils. D’où l’importance de ne pas jouer l’artiste.

 

Chercher l’âme et la forme, deviendra une évidence. Qui plus est, elle changera avec la maturité du moment, d’où la notion de sculpter et de dessiner de l’intérieur. Comprendre et savoir, voir ce que l’on ressent, car nous ne sommes pas maître. L’œuvre prend le pouvoir sur notre volonté et nous amène sur un point dons nous ignorons l’existence. C ‘est alors que notre métier doit rentrer en jeu et reprendre sa distanciation pour éviter l’orgasme pseudo créatif, car il nous faut sonner juste.

En immense parti, c’est à çà que serve les expositions, à aller regarder où nous en sommes, et qui nous sommes. D’où dissocier l’homme de l’œuvre, même si celui-ci se nourrit de l’autre. Etrange processus mais tellement évident !


Dominique Cassotti